En 1ère ligne pour la santé en Afrique !

On estime actuellement qu’il y a dans le monde un déficit de personnels de santé d’environ 17 millions pour permettre de dispenser des soins essentiels. Les pénuries les plus importantes concernent l’Afrique et l’Asie du sud-est [1].

Cet enjeu est au cœur des combats de l’Amref. Le 3 mai dernier, nous rendions compte des résultats à ce jour de notre campagne Stand Up for African Mothers, représentant 11 726 sages-femmes et infirmiers formé.e.s en Afrique.

Stand Up for African Mothers est un premier pas concret, panafricain, qui prouve qu’il est possible d’agir, mais l’Amref ne s’arrête pas là. Nous sommes persuadés que les agents de santé de première ligne ont un rôle primordial à jouer pour parvenir à la Couverture Sanitaire Universelle (CSU).

Un Agent de Santé Communautaire (ASC) est membre de la communauté dans laquelle il travaille et doit avoir été choisi par elle. Il est formé pour promouvoir la santé et pratiquer certains soins sans pour autant être considéré comme un professionnel de la santé. C’est un lien entre la communauté et le système de santé, d’autant plus efficace là où les services de santé sont rares. À titre d’exemple seulement 17% des personnels de santé desservent les zones rurales en Afrique du Sud [2].

Si les modèles diffèrent selon les pays, les ASC jouent un rôle central dans l’amélioration de l’accès aux services de santé, en particulier dans la réduction des taux de mortalité infanto-juvénile et maternelle, la lutte contre le VIH/sida, le paludisme, les diarrhées, les difficultés respiratoires et la prise en charge de la vaccination.

En situation de crise, ce sont aussi les ASC qui sont en première ligne pour faire face aux risques sanitaires. Il est à noter que les communautés pour lesquelles les ASC représentaient une composante essentielle et structurée ont permis un meilleur accès aux soins et une résilience plus rapide face à l’épidémie d’Ebola en Guinée [3].

Vivant dans les communautés qu’ils servent, les ASC se révèlent engagés, proactifs et apportent parfois des solutions innovantes pour autant qu’ils soient reconnus, motivés et soutenus à la hauteur de leur engagement. Contrairement à certaines idées reçues selon lesquelles les services fournis seraient de qualité inférieure, il est établi aujourd’hui que des ASC bien formés et supervisés fournissent un excellent niveau de services.

Les investissements dans la formation des ASC sont à l’échelle du continent africain encore trop diffus, parcellaires et inégaux. Pourtant ils permettent également de créer des emplois de qualité et de renforcer les économies nationales et locales en même temps que les systèmes de santé.

L’Afrique compte parmi les programmes de santé communautaire les plus performants au monde. Ils peuvent être déployés dans des délais courts et à coûts réduits. S’il reste des efforts à réaliser pour pérenniser l’action des ASC (amélioration de leur rémunération, optimisation de leur intégration dans les systèmes de santé), les arguments en faveur de l’investissement dans leur formation et leur déploiement sont nombreux et incontestables.

Pour témoigner de notre action, nous mettrons en lumière régulièrement un aspect de la santé communautaire ainsi que des portraits de sages-femmes et d’Agent de Santé Communautaire.

Henri Leblanc, délégué général de l’Amref en France

6 juin 2018

 

 

Références

  1. Health workforce requirements for universal health coverage and the Sustainable Development Goals. World Health Organization, Geneva, 2016
  2. Rapport « 2 millions d’agents de santé communautaires en Afrique », UNAIDS
  3. Community Health Workers Programmes In The WHO African Region: Evidence and Options – Policy Brief. World Health Organization Regional Office for Africa, 2017
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