fbpx

Équité vaccinale contre la COVID-19 : les dirigeants du G7 doivent être solidaires de l’Afrique

Vaccin Covid

Partager ce poste

Partager sur facebook
Partager sur linkedin
Partager sur twitter
Partager sur email

ÉQUITÉ VACCINALE CONTRE LA COVID-19 : LES DIRIGEANTS DU G7 DOIVENT ÊTRE SOLIDAIRES DE L’AFRIQUE

Signataires : Camilla Knox-Peebles, PDG, Amref Health Africa UK ; Hubert Chauvet, Directeur Général, Amref Health Africa France ; Guglielmo Micucci, Directeur général, Amref Health Africa Italie ; Onome Ako, directeur exécutif, Amref Santé Afrique Canada.

La COVID-19 est mondiale. La présence de la Covid-19 à un seul endroit, fût-il éloigné, sera un problème partout et pour tous. Cela, de nombreux dirigeants du G7 l’ont compris, et pourtant, encore trop peu d’efforts sont faits pour mettre fin à la COVID-19 à l’échelle mondiale.

Cela apparait très clairement lorsque l’on voit la façon dont les vaccins contre la COVID-19 sont distribués et administrés. Seulement 1,9% des personnes en Afrique ont reçu au moins une dose d’un vaccin contre la COVID-19, contre 33 % en Europe et 38 % en Amérique du Nord.1

Pour beaucoup d’entre nous qui vivons dans un pays du G7, le continent africain semble lointain, protéger nos proches de la COVID-19 ou encore relancer nos économies sont des priorités bien plus tangibles. Et pourtant, comme nous l’avons vu tout au long de cette pandémie, la distance ne veut rien dire dans notre monde de plus en plus interconnecté. Nous avons vu qu’au moins une variante préoccupante de la COVID-19 a trouvé son chemin dans tous les pays du G7. Malgré la réussite de sa campagne de vaccination, le Royaume-Uni se trouve potentiellement confronté à de nouveaux défis face à la propagation du Delta. Comme les spécialistes de la santé publique et les scientifiques ne cessent de le rappeler, les virus feront ce qu’ils savent faire le mieux, c’est-à-dire se propager d’une personne à l’autre, peu importe l’endroit ou l’individu. En réalité, personne ne sera en sécurité tant que nous ne le seront pas tous,  la vie ne pourra revenir à la « normale » dans les pays du G7 tant que l’Afrique sera laissée pour compte.

Il en va de même pour nos économies. Oui, nous pouvons progressivement et en toute sécurité rouvrir nos frontières au Royaume-Uni, en France, en Italie et au Canada, au rythme de la progression des vaccinations. Mais la santé des économies demeure interdépendante avec l’Afrique. La COVID-19 a frappé de plein fouet les économies d’Afrique subsaharienne en balayant environ cinq années de progrès. L’année dernière, l’économie de la région subsaharienne a ralenti pour la première fois en 25 ans, et selon les estimations, 32 millions de personnes supplémentaires auraient sombrés dans l’extrême pauvreté.2

Alors que les dirigeants du G7 se réunissent du 11 au 13 juin en Cornouaille, au Royaume-Uni, il ne fait aucun doute que les défis posés par la COVID-19 sont importants, mondiaux, interconnectés et complexes. C’est précisément la raison pour laquelle nous avons besoin que nos dirigeants du G7 s’unissent pour soutenir des solutions qui aideront chacun, où qu’il soit, à se remettre de la COVID-19 tout en se préparant à la prochaine urgence sanitaire mondiale.

En tant que dirigeants des bureaux canadiens, français, italiens et anglais d’Amref Health Africa, première ONG africaine de santé publique, nous appelons les chefs de gouvernement du G7 à adopter ces trois solutions.

Premièrement, les droits de propriété intellectuelle. Il s’agit d’une étape importante et nécessaire. Tous les dirigeants du G7 doivent soutenir les appels, menés par l’Inde et l’Afrique du Sud, en faveur de la renonciation temporaire aux droits de propriété intellectuelle des concurrents pharmaceutiques sur les technologies et les produits covid-19, y compris les vaccins, les diagnostics et les produits thérapeutiques. Nous félicitons le président Macron, le premier ministre Draghi ainsi que le premier ministre Johnson d’avoir appuyé cet appel, et nous pensons que le premier ministre Trudeau confirmera publiquement leur soutien prochainement. Cela serait conforme à ce que leurs citoyens demandent : selon une enquête menée par The People’s Vaccine, dont Amref Health Africa est un fier membre. 70% des citoyens du G7 soutiennent le partage des connaissances sur le vaccin contre la COVID-19.

Deuxièmement, faire don des doses excédentaires de vaccins contre la COVID-19 par l’intermédiaire du COVAX dès à présent, et ce avant leur date d’expiration. Le Canada a bien plus de contrats d’achat de doses de vaccin contre la COVID-19 par personne que n’importe quel autre pays au monde. Des recherches de l’Unicef suggèrent que le Royaume-Uni pourrait partager 20% des doses acquises tout en étant en mesure de vacciner tous les adultes d’ici la fin du mois de juillet. A l’image du président Biden la semaine dernière, tous les dirigeants du G7 doivent s’engager à fixer et atteindre des objectifs clairs pour le partage de doses, en s’assurant d’un approvisionnement fiable pour les pays africains. Nous saluons les engagements du président Macron à délivrer 500 000 doses par le biais du COVAX d’ici la mi-juin et du Premier ministre Draghi de 15 millions de doses d’ici la fin de 2021.

Notre dernière recommandation : les dirigeants du G7 doivent investir durablement dans les systèmes de santé, les ressources humaines pour la santé et la recherche et le développement en santé dans les pays africains.  De nombreux pays d’Afrique subsaharienne ont des systèmes de santé fragiles, d’autant plus affaiblis durant la pandémie et au cours de laquelle la pénurie d’agents de santé de première ligne fut gravement accentuée. Les quelques doses de vaccins accessibles en Afrique connaissent aujourd’hui des difficultés à être administrées aux populations, faute d’investissement dans les systèmes de soin. Le meilleur moyen pour les pays du G7 de soutenir l’investissement à long terme dans ces domaines critiques, serait d’assurer l’objectif de contribuer à 0,7 % du revenu national brut (RNB) à l’aide publique au développement (APD). Le Royaume-Uni atteignait jusqu’à très récemment l’objectif de 0,7%, jusqu’à l’annonce des réductions budgétaires significatives, resserrant son allocation d’aide à 0,5 % du RNB, tout en promettant de la relever à nouveau « lorsque la situation budgétaire le permettra ». La France, l’Italie et le Canada se situent respectivement à 0,53%, 0,22% et 0,31%.3

Mettre fin à la pandémie dans le monde est de notre ressort. Il manque la volonté politique et le courage de prendre des mesures audacieuses afin de pouvoir avancer grâce à des actions appropriées et justes : à la fois pour les citoyens des pays du G7 et pour le reste du monde. Cette semaine, Amref espère voir les dirigeants du G7 s’engager, solidaires avec l’Afrique, et créer les bonnes conditions pour mettre un terme à la COVID-19 dans le monde, sans laisser qui que ce soit de côté.

 

 

 


 

  1. 1. En date du 4 juin 2021. Notre monde dans les données : Notre monde en données.
  2. 2. Banque mondiale : Banque mondiale.
  3. 3. Données préliminaires de l’OCDE pour 2020.

Abonnez-vous à notre newsletter

pour découvrir les dernières actualités de nos programmes de santé en Afrique et de nos actions de plaidoyer en France.

Plus d'articles

Share This