fbpx

AbdelHalimAbdAllah, Responsable de la Communication de crise au Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique

AbdelHalimAbdAllah

Partager ce poste

Partager sur facebook
Partager sur linkedin
Partager sur twitter
Partager sur email

Rencontre avec AbdelHalim AbdAllah, Responsable de la Communication de crise au Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique et interlocuteur privilégié sur le sujet de la lutte contre la désinformation liée aux sujets de santé.

AbdelHalimAbdAllah

Bonjour AbdelHalim AbdAllah, merci infiniment de prendre le temps de nous répondre. En quelques mots, pouvez-vous nous expliquer ce qu’est Viral Facts Africa (VFA) ?

« L’idée est simple, nous essayons de mettre fin aux rumeurs virales en partageant des faits viraux. Nous produisons du contenu scientifique et factuel d’une manière intéressante, facile à comprendre et à partager. Nous avons créé une nouvelle marque qui est détenue en copropriété par les différents partenaires de l’AIRA (Alliance pour la Réponse aux Infodémies en Afrique), afin que toutes les parties puissent lutter contre l’infodémie. La désinformation se propage sur les réseaux, c’est pourquoi nous adoptons une approche via les réseaux pour la combattre en veillant à ce que les informations correctes soient disponibles, accessibles et facilement partageables sur les différents réseaux sociaux.
VFA est donc un produit de l’Alliance pour la réponse aux infodémies en Afrique (AIRA), un réseau de 14 organisations coordonné par l’OMS et regroupant des agences de santé publique comme l’OMS, le CDC Afrique, l’UNICEF, la FICR, GAVI et les plus grandes organisations africaines de vérification des faits comme : Africa Check, AFP Fact Check, Dubawa, Ghana Fact et Pesa Check, afin de lutter contre la désinformation et les lacunes en matière d’information sur la santé dans la région.
Le projet met en œuvre le cadre de gestion de l’infodémie que l’OMS avait élaboré en collaboration avec 1 300 experts de différents domaines en avril 2020 après une consultation sur la manière de lutter contre l’infodémie COVID-19. Ce cadre s’articule autour de quatre piliers principaux :

  • L’identification de la désinformation et des lacunes en matière d’information
  • La simplification de l’information correcte et la démystification de la désinformation
  • L’amplification stratégique de l’information correcte
  • La quantification de l’impact de ces interventions

Chaque semaine, l’équipe du secrétariat de l’AIRA compile un rapport sur les tendances infodémiques du COVID-19 dans la région africaine, en se basant sur les discussions autour de la COVID-19 dans les médias et sur les médias sociaux, ainsi que sur les réactions de la communauté à travers la région.
À partir de ce rapport, l’équipe met en évidence les sujets de préoccupation les plus urgents, puis élabore, en collaboration avec l’un des partenaires, du matériel de communication qui apporte une réponse à la question ou démystifie les fausses informations qui circulent. Le contenu est ensuite partagé avec tous les partenaires ainsi qu’avec un réseau de volontaires que nous appelons les “Superspreaders” de Viral Facts (VFSS, les « super-partageurs »), qui partagent ce contenu avec leurs réseaux.
Nous essayons ensuite de suivre l’impact de notre travail en mesurant la portée et l’engagement de notre contenu. Nous demandons toujours à nos partenaires et aux VFSS de partager le contenu avec le hashtag : #ViralFactsAfrica (en anglais), #ViralFactsAfrique (en français), et #FatosViraisAfrica (en portugais). »

Comment cette initiative a-t-elle vu le jour ?

« Au début de l’année dernière, l’OMS a tiré la sonnette d’alarme sur l’infodémie et la menace de la désinformation. Depuis, nous avons discuté avec tous les différents partenaires, qu’il s’agisse des ministères de la santé, des organismes de santé publique, des organisations de vérification des faits, des entreprises technologiques ou des médias. Nous avons ensuite travaillé à l’élaboration du cadre de gestion des infodémies et commencé à mettre en place l’Alliance africaine de réponse aux infodémies en décembre dernier. La VFA est l’un des principaux résultats de cette alliance, qui vise à identifier rapidement les tendances en matière de désinformation et les lacunes de l’information, et à fournir une réponse stratégique en temps utile aux niveaux régional et national. »

Concrètement, comment combattre la désinformation au quotidien alors que de nombreuses personnes n’ont toujours pas accès aux réseaux sociaux ?

« Il y a un chevauchement entre le monde en ligne et le monde hors ligne. Nous commençons par nous attaquer à l’infodémie en ligne avec VFA, mais d’autres partenaires comme l’UNICEF et la FICR s’y attaquent hors ligne par le biais de l’engagement communautaire et de la promotion de la santé. Avec VFA, nous expérimentons des formats audios et travaillons avec des partenaires de vérification des faits pour tester la traduction et la diffusion du contenu que nous développons par le biais de radios communautaires partenaires. »
Tout le monde doit jouer un rôle actif dans la lutte contre la diffusion de fausses informations en adoptant des pratiques simples :
Bien réfléchir et se poser les bonnes questions avant de partager, recouper les sources fiables, lire les articles avant de les partager, ainsi que partager de manière proactive les informations correctes et corriger les informations erronées, notamment au sein des réseaux personnels.
L’infodémie est une situation de crise qui ne peut être éliminée mais qui peut être gérée par une approche globale de la société.

Et après ? Est-ce-que Viral Facts Africa a pour vocation d’exister après la période Covid ?

« VFA est destiné à être un projet durable qui survivra à la période de la COVID-19. Les leçons tirées avec VFA et les réseaux qui sont en train de se construire peuvent être activés pour toute future crise de santé publique. Nous espérons qu’il s’agira d’un pas en avant pour changer la manière dont nous communiquons pendant une crise de santé publique à l’ère des réseaux sociaux. »

Pour aller plus loin :
https://twitter.com/viralfacts
https://www.instagram.com/viralfactsafro/
Pour plus d’informations sur AIRA : https://www.afro.who.int/aira
Pour plus d’informations sur Viral Facts Africa : https://viralfacts.org/africa/

Interview réalisée par Amref Health Africa France. Interview traduite de l’anglais au français

Abonnez-vous à notre newsletter

pour découvrir les dernières actualités de nos programmes de santé en Afrique et de nos actions de plaidoyer en France.

Plus d'articles

Share This