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Le gala solidaire d’Amref Health Africa en France – Edition 2021

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Ce 17 novembre 2021, nous avons célébré aux Pavillons des Etangs les dix ans du lancement du gala de charité d’Amref Health Africa en France.

Le thème abordé lors de la soirée était « La santé progresse, la jeunesse avance » et avait pour but de récolter des fonds pour nos programmes en Afrique de l’Ouest. A cette occasion, Binta Tamba, qui a fait le déplacement depuis la Casamance, a livré aux 200 invités un témoignage poignant sur les conséquences des mutilations sexuelles féminines et sur la nécessité de sensibiliser, d’aider et d’offrir à la jeunesse africaine des soins essentiels de santé sexuelle.

Voici son discours :

Bonsoir,

Je suis très heureuse et chanceuse d’être ici ce soir et de partager avec vous un sujet qui me tient à cœur. Je vois une aide qui est apportée à la jeunesse africaine. Je vois du progrès, un impact positif qui a lieu mais beaucoup de choses restent à faire.

Chez moi au Sénégal, nous devons affronter chaque jour des problèmes inexistants en Europe comme l'accès à l'eau potable, à l'électricité, à l'éducation, bien sûr à la santé. 
Dès la naissance, les nourrissons font face à des problèmes de santé graves et tout au long de leurs vies, ils sont confrontés à des épreuves. Je ne vais pas m’étendre sur les chiffres, mais il y en a un qui est vraiment important : Dans la plupart des pays africains 50% de la population a moins de 16 ans. Nous, les jeunes, sommes l’avenir du continent africain.

A l’âge de 3 ans, sans me consulter j’ai été excisée. A l’âge de 3 ans c’est mon innocence qu’on a retirée. 
Une des premières conséquences de l’acte que j’ai subi est l’hémorragie qui a été suivie par une anémie sévère qui me dérange toujours. Ma santé est tous les jours touchée. La seconde, plus cachée, est le retard que j’ai pris durant ma scolarité. Pourquoi ? Eh bien, j’ai dû être hospitalisée à cause de fréquentes infections. Mes nombreuses convalescences se faisaient à la maison et ne me permettaient pas de me rendre sur les bancs de l’école alors que, pendant ce temps, mes camarades apprenaient et évoluaient. Un accès limité à l’éducation, voilà une autre conséquence dont sont victimes les jeunes filles excisées.

Puis, j’ai réalisé que les problèmes des jeunes étaient bien au-delà de l’excision. Le droit de savoir… Beaucoup de jeunes filles ignorent leur droit de dire non à l’excision, et plus largement, les filles et garçons peuvent dire oui à l’éducation et oui à l’accès à la santé.

Vous savez, les jeunes en Afrique souhaitent les mêmes choses que les jeunes en Europe. Ils rêvent de s’amuser, de faire la fête, de voyager, d’étudier, de travailler, et ces projets de vie sont vite rattrapés par une réalité précaire et de nombreux obstacles auxquels ils doivent faire face quotidiennement. 


Comment travailler s’il n’y a pas d’emploi ? Comment étudier quand les frais de scolarité sont exorbitants ? Comment accéder à une eau saine sans avoir à marcher des kilomètres ? Comment se soigner simplement, facilement, quand on vit dans une zone isolée où peu de transports sont disponibles ? C’est de tous ces problèmes qu’il s’agit aujourd’hui.

Et beaucoup de jeunes travaillent en s’impliquant avec la société civile d’une diverse manière. Pour ma part, j’ai eu l’opportunité de rencontrer les bonnes personnes. Elles m’ont permis de rejoindre l’Amref où j’ai pu y trouver une communauté. Mon travail est celui d’aider les jeunes. 
Dans le cadre des activités menées avec les structures partenaires, je me suis investie davantage auprès des mères de familles et des filles, futures mamans pour les soutenir face aux conséquences de l’excision et aussi pour leur apprendre, ainsi qu’aux jeunes garçons, à accéder aux structures de santé afin d’avoir un suivi médical adapté. La méthodologie adoptée est celle de la sensibilisation, de la communication à travers des échanges, des visites à domicile et des mobilisations sociales. 
Je voyage avec les organisations pour sensibiliser au niveau communautaire les femmes, les mamans, les jeunes filles, les hommes et les jeunes garçons pour qu’ils connaissent leurs droits et pour s’assurer du suivi des nouveaux nés et des enfants.

Savoir ce que souhaitent les jeunes pour leur avenir est ma priorité, leur permettre de choisir est ma responsabilité. Je suis heureuse de toutes les rencontres que j’ai faites. Heureuse de voir tous ces parents à l’écoute, qui ont compris qu’offrir à leur enfant une éducation est le meilleur des investissements. Heureuse du parcours de tous ces jeunes qui évoluent. Je vous le dis, la jeunesse est en train de changer. Elle se conscientise et elle apprend tous les jours un peu plus sur ses droits et ses besoins mais beaucoup de sujets sont aussi encore tabou chez les jeunes en Afrique. La puberté en fait partie.

Quand j’ai débuté mon engagement, j’ai été sidéré de voir que les centres de santé étaient peu fréquentés. Grâce à la mobilisation de nombreux jeunes auprès des communautés et aux prises en charge du planning familiale, j’ai vu des garçons et des filles se renseigner auprès des centres de santé sur les nombreuses manières d’éviter une grossesse non souhaitée.

Beaucoup de jeunes grandissent sans savoir ce que c’est la puberté. 
Ils se sentent victimes de ces changements hormonaux et physiologiques et cela devrait être aux parents de leur en parler, de leur expliquer cette phase de passage d’enfant à jeune adulte qu’ils traversent. 
Les jeunes manquent d’accompagnement dans leur éducation sexuelle, qu’il s’agisse des rapports intimes, des maladies sexuellement transmissibles ou encore de la contraception. Les structures de santé sont encore trop rarement fréquentées autour de ces sujets encore trop mal perçus. C’est finalement lorsque les jeunes mamans accouchent qu’elles posent des questions sur les moyens d’espacer la naissance.
Les jeunes comme moi sont plus à l’aise pour échanger avec ceux de leur âge sur ces sujets plutôt qu’avec des adultes car ils ne sont pas encore vus comme des référents de confiance. C’est donc nous les jeunes qui interpellons sur le port du préservatif ou d’autres moyens de contraception. Par exemple, certains ont réussi à trouver le compromis de les distribuer à domicile.

Je pense qu’en aidant la jeunesse à s’informer et à se conscientiser sur ces problématiques l’impact positif sur l’avenir n’en sera que plus fort, plus utile.

Alors oui quand la santé progresse la jeunesse avance.

Je sais que si vous êtes là devant moi c'est que tout cela vous tient à cœur et que vous souhaitez aider donc vraiment je vous remercie.

Merci


Binta Tamba

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