Accès à l’eau et santé des femmes étroitement liés en Afrique

Le 22 mars, on célèbre partout dans le monde la Journée mondiale de l’eau. L’occasion de rappeler que l’accès à l’eau potable reste un enjeu sanitaire crucial en Afrique subsaharienne, mais aussi un véritable enjeu socio-économique pour les femmes.

Sur 25 pays enregistrant le plus faible taux d’accès à l’eau à l’échelle mondiale, 19 se trouvent en Afrique. Cette situation a un impact direct sur la santé, puisque la consommation et l’utilisation d’eau insalubre sont à l’origine de nombreuses maladies (diarrhée, choléra, trachome…), dont les enfants sont les premières victimes. La diarrhée, à elle seule, est ainsi la troisième cause de mortalité des enfants de moins de 5 ans en Afrique subsaharienne.

Mais l’accès à l’eau est aussi un enjeu crucial pour la santé des femmes et des filles. C’est d’abord un enjeu de santé maternelle : on estime que 15% des décès maternels surviennent dans les 6 semaines suivant l’accouchement, principalement du fait de mauvaises conditions d’hygiène. Sans accès à l’eau potable chez elles, les femmes en suite de couches sont en effet exposées à de graves infections, qui sont l’une des 5 premières causes de mortalité maternelle.

Le manque d’infrastructures d’accès à l’eau est aussi un enjeu économique et social pour les femmes et les filles. En effet, c’est à elles qu’incombe en général la corvée de l’eau, les obligeant à parcourir de longues distances. Pour se rendre à pied à la source d’eau la plus proche de leur domicile, elles parcourent souvent plus de 8 kilomètres, chaque jour. Cette tâche quotidienne limite l’accès des jeunes filles à l’éducation et réduit les opportunités économiques des femmes, puisque ces heures passées à la corvée de l’eau se font au détriment d’heures qu’elles pourraient passer sur les bancs de l’école ou à développer une activité génératrice de revenus.

L’accès à l’eau salubre est donc un élément clé pour améliorer la santé, mais aussi l’éducation et l’autonomie économique des femmes.

Actuellement, l’AMREF France soutient 3 programmes d’accès à l’eau au Sénégal, au Kenya et en Ethiopie, via la construction d’installations hydriques et sanitaires et la sensibilisation aux bonnes pratiques d’hygiène, de santé et de gestion des installations.

Source : AMREF International