Le potentiel de la santé connectée en Afrique

L’édito d’Henri Leblanc, délégué général de l’Amref en France

La révolution numérique se vit aussi en Afrique subsaharienne, où la couverture de téléphonie mobile s’élève à 90% de la population selon la Banque Mondiale  et le nombre d’utilisateurs internet atteint 224 millions de personnes.

Les outils numériques sont aujourd’hui un levier pour améliorer et accélérer l’accès à la santé en Afrique. Les potentialités en matière de formation de personnel soignant, de prévention et d’information en santé, de consultations à distance et de suivi des patients sont immenses et font leurs preuves en Afrique. Là où les projets sont jugés efficaces et replicables, il s’agit maintenant de dépasser les « pilotes » et de passer à l’échelle supérieure. Mais pour que cette dynamique soit durable et équitable, l’utilisation des TIC au service de la santé doit être pensée pour et avec les soignants et les citoyens, répondre aux priorités des politiques nationales de santé, être développée et financée dans une perspective de long cours. Des modèles économiques pérennes restent à trouver et à tester. Pour cela, l’implication des gouvernements africains, l’engagement des entreprises du secteur numérique, la vigilance des citoyens et une coordination des acteurs sont indispensables.

Première ONG de santé publique en Afrique, l’Amref utilise depuis plus de 15 ans les outils numériques au service de la santé : formation à distance de personnel médical grâce au e-learning et au m-learning, diagnostics à distance grâce à la télémédecine, télétransmission d’information sanitaires et suivi des patients grâce à la téléphonie mobile (applications, SMS)… Par ses programmes,  l’Amref contribue à briser les distances et les disparités et vient en aide chaque année à 9 millions de personnes en Afrique.

Par expérience, nous sommes convaincus que les potentiels induits par les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) ont un rôle clé à jouer dans le renforcement des systèmes de santé publique en Afrique subsaharienne. Nous avons intégré la nécessité de faire plus et mieux avec moins : nous inscrivons donc les TIC dans nos projets comme accélérateur de progrès et de résultats. Ces outils ne se suffisent pas à eux-mêmes, mais sont un moyen à intégrer aux modèles d’intervention. Ils sont mis au service des programmes de santé pour favoriser un changement durable.

Au Kenya, le programme LEAP nous permet de former et d’accompagner via une plateforme de m-learning et un système audio et SMS, des milliers d’agents de santé commentaires chaque année. Au Sénégal et en Côte d’Ivoire le programme PRECIS de formation des sages-femmes et infirmiers  fait appel à un modèle mixte inédit de formation e-learning & tutorat de proximité sur les lieux de soins et nous permet à la fois de renforcer la qualité des apprentissages et d’accompagner les apprenants dans l’amélioration de leur pratique de soins.

Cet engagement autour d’une utilisation pragmatique du numérique nous vaut aujourd’hui d’être en lice pour le prix de la coordination des soins des Universités d’été de la e-santé, pour notre projet Cellal E Kisal (santé et bien-être) que nous menons au Sénégal en partenariat avec l’Agence française de Développement et Handicap International.  Ce programme renforce l’accès à une offre de services de qualité en santé maternelle, néonatale et infantile dans la région isolée de Kolda (Sénégal), à travers le développement et la mise en place d’un dispositif pilote, intégré, relevant des technologies de l’information et de la communication.

A vous de nous aider grâce au numérique : en quelques clics, soutenez notre projet et votez en ligne sur : http://www.tv-esante.com/cellal-e-kissal-amref/